L'Amour tout un poème

01 novembre 2019

TON ÎLE

TON ILE

 

Je fus ton île déserte

Sur laquelle tu venais t'amarrer.

En fille de joie offerte,

Je t’attendais derrière un rocher.

 

Ma peau aimait se parer de coquillages

Que le ressac venait tendrement goûter.

À chaque vague son doux effeuillage

Pour toi venait me déshabiller.

 

Les flots sont peu à peu devenus mes valets

Qui ont appris à me parfumer,

Puis me déposaient sur les galets

Pour notre histoire en corps à corps résumer.

 

Ainsi à chaque fois entre le ciel et la mer

Nous savions nous aimer avec ardeur

Sachant oublier le goût amer

Que laissent solitude brève et peur.

 

Je fus ensuite ton île habitée

De mille tendresses inconnues

Dans l'amour et le plaisir précipitée

A qui le bonheur-cadeau fut advenu.

 

Finalement  partie chercher sur la grève

Avec une étoile dont la mer ne voulait plus

 Je voulais trouver   là où le rivage s'achève

 Ce qui dans notre histoire t'avait déplu.

 

Car notre romance s’évadant sur un radeau

Prenait des allures de pirate déraciné,

Alors que le vent du large portait un chant très beau

L’amour paraissant à jamais chagriné.

 

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OU SONT LES AMOURS ?

OU SONT LES AMOURS ?

Avec leurs yeux ourlés de mystères,
Elles cherchent au loin les lumières,
Puis ferment leurs fragiles paupières 
Et cousent leurs sourires de jeunes fières.
 

Elles sont  dans le vent mauvais qui leur apporte
Tous les secrets confus qu'il colporte,
À l'automne quelquefois parmi les feuilles mortes
Et puis après tout peu importe !

Si c'est dans l'odeur des champs et des prés
Cachés dans le silence exprès,
Dans le passé ou bien dans l'après,
Dans les bons ou les mauvais grés.
 

Si loin parfois ou bien si proches
on croit aussi les entendre au creux des roches
Semblables au bruit d'un galet qui ricoche
Auquel l'oreille attentive s'accroche.

Au fond des tympans des coquillages,
Sur les sampans qui s'éloignent du rivage,
Murmuré en un tendre message
Sur les idylles réussies selon d'heureux présages.
 

Dans toute la poésie dont serait capables
Les écrivains que des crampes coupables 
Rendent muets et incapables
De défendre les passions inénarrables.
 

Dans la foi d'un missionnaire
Parti prêcher dans un désert précaire
Ces écritures de l'amour solitaire
Qu'elles lisent encore aux pages d'un bréviaire.

Dans leurs galops au long des landes
Quand les romantiques dansent la sarabande
Les spectateurs mettent à l'amende
Celles qui eurent tout des grandes.
 

Quand le soir doucement éteint les lumières
Elles ferment sereinement les paupières ...

 

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LA LUNE ET LE PAYSAGE

LA LUNE ET LE PAYSAGE

 

La lune en forme de croissant,
En petit déjeuner furtif,
Dans un ciel de lit craintif,
Aux premières lueurs du jour faiblissant.

 

La lune n'a pas la forme d'un I
Au-dessus du clocher.
Analphabète elle a désobéi.
Le poète va se fâcher.

 

Toutes les lettres de l'alphabet,
Parties au loin comme des oiseaux,
Ont emprisonné mon amour dans un trébuchet
Et dieu que leurs mots sont beaux !

 

Je lis au loin sur tes lèvres
La poésie de l'amour à peine masquée,
Dans la ronde des nuages, brève
Paraissant à peine offusquée.

 

Je te vois et t'invente dans le paysage
Quand ton absence mon cœur étreint,
Et je lis aussi un curieux présage
Nous voyant unis encore quand le ciel s'éteint.

 

Avec la lune, la nuit, les nuages ou le paysage
Pour unir nos futurs tendres instants,
Je me rêve dans tes bras, sage et pour ton usage.
De moi tu feras ce que tu veux, toi que j'aime tant ! ...

 

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PEINE D’HIVER

 PEINE D’HIVER


Je vois sur le trottoir d'en face

La neige se poser en sucre glace.

Le vent d'une gourmandise fugace

Par rafales l'efface.


Le temps, de l'hiver, écrit la préface.

Prenant avidement possession de l'espace.


Se hâtant dans le crépuscule,

Un passant au passage me bouscule.

D'autres encore un peu déambulent

Et devant les vitrines s'accumulent.


Ils nouent parfois un conciliabule,

Mais leur col relevé les dissimule.


Ainsi s'installe tranquille

Le froid dans les rues de la ville.

Les platanes muets, immobiles

Louchent quand défilent les petites automobiles.


Chaque arbre plein de style

Avec le givre noue une idylle.


Sur la vitre mon auto enrouée

Isole le paysage de buée.

La saison a les rôles distribués

Ayant à cette métamorphose contribué.


Le ciel frileux qui reteinte les oiseaux, les nuées,

A tout un tableau pastel constitué.


Je fais le tour de la grand place,

Rendant au chauffage grâce.

Faire taire le souvenir devient difficile

Je me révèle malhabile.

Le temps n'a rien atténué

Et rien de ma peine diminué.

 

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AVANT TOI

AVANT TOI

 

Dans mon passé un peu lourd

J’ai tant écrit sur l’Amour

Qu’il n’y avait pas notre histoire.

Pour me porter à y croire.

 

J’ai beaucoup trop et trop lu,

Sans jamais t’avoir aperçu,

Sans que jamais je n’aie su,

Combien   je me suis perdue.

 

Ailleurs ou encore nulle part.

Allons dans ce monde à part,

Qui noue les corps et les cœurs,

Dans la même candeur.

 

Où mène donc cette route ?

Pas ailleurs sans nul doute

Qu’au bout de mes tracas   

Dans la chaleur de tes bras.

 

 

 

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AMOURETTE

 

AMOURETTE

 

Je t’ai vue de loin, aimée vite,

J’ai brûlé ce qui ne serait pas mien

En une fièvre qui t’a détruite

Consommée, réduite à rien.

 

Tu es devenue si petite,

Au creux de mon souvenir vaurien

Qui t’a, le voyou, rendue maudite

Tu n’es pas de celles que l’on retient.

 

Dans mon cœur aussi je te sens réduite

Tellement peu, presque rien.

Quand ses battements se précipitent

Ce n’est pas une chamade qui t’appartient.

 

J’ai oublié déjà le début et la suite

Les joies, ces petits riens,

Ce qui ne conduisait qu’à la faillite

D’une histoire en chemin.

 

 

 

 

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AMAZONE

AMAZONE

 

Aérienne sur ses talons,

Elle fait tourner la tête

Aux ados un peu bêtes

Qui se rendent chez décathlon.

 

Sa peau prisonnière des étoffes

Flirte avec la dentelle et la soie,

Créant de doux frissons de joie

A ses cuisses qu'elle échauffe.

 

Elle paraît au long des rues si libre

Quand les yeux de ces messieurs la suivent

Leurs indécents désirs la poursuivent

Ce n'est pas pour ça que son corps vibre.

 

L'être sur qui son choix s'est porté

Porte aussi jupe et talons pointus.

Leur histoire sortie des sentiers battus

S'est dans leur différence confortée.

 

Elles cachent leur jardin secret

Dans une alcôve tendue de velours

Et apposent sur la lettre de leur amour

Sceau, seing et cachet.

 

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AMOUR IMPOSSIBLE

AMOUR IMPOSSIBLE


La vie


A cache-cache avec mon cœur

Dissimule l’ultime douceur
Qui se cache en Toi.

A ne pas t’attendre, elle me met en retard
Ses promesses pleines de fard.
Ne m’emmènent pas vers Toi.

Elle m’enchaine à de faux amours
Noyée dans la simulation, les faux jours
Mais jamais à Toi.

Elle m’use sur d’autres peaux
M’apprenant des mots faux
Jamais écrits pour Toi

Elle vole mes pensées, prend la place
En rouée farceuse se voile la face
Me cachant à Toi.

 Toi qui vis, à deux pas de celle
Qui t’aime sur la passerelle
De l’attente de Toi.

La vie a passé le temps, puis faibli
Elle oublie de réunir les deux parties
D’un peu de  moi, d’un peu de Toi
.

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AFFAIRE D’ARGENT

AFFAIRE D’ARGENT

 

Veux tu m’aimer c’est gratuit ?

Je te paierai à crédit

Pour que ça dure longtemps,

Quel que soit ton tempérament

L’heure et le moment.

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ACTES, ORIGINAUX ET EXPÉDITIONS

ACTES, ORIGINAUX ET EXPEDITIONS

 

Pour mon Notaire, suis-je alléchante ?

Certes il pose sa main courante

Sur mon sein privé.

 

 

Je deviens sa fidèle cliente

Alors il sort de son imprimante

L’acte d’amour qu’on va signer.

 

 

J’appose mes paraphes d’amante

Sur sa peau d’amarante*

Pas du tout parcheminée.

 

 

Voici que commence la vente

De nos tendresses si évidentes

D’adultes absolument concernés.

 

 

L’ordinateur contre toute attente

Bouscule les émoticônes qui se vantent

De savoir pareillement aimer.

 

 

La « grosse » *, rouge de confusion évente

Nos secrets de bureaux aux fiches mécontentes

De nos passions sensuelles et vérifiées.

 

 

Les dossiers se serrent les coudes et tentent

D’accoquiner les sous-chemises contentes

De les avoir intéressées.

 

 

Il est olographe*, moi, authentique* amante

Je veux sa signature intelligente

Car nos amours sont inventées.

 

Mes fantasmes agitent leurs mantes

Ne suis-je donc pas si craquante

Pour que mon patron paraisse si occupé ?

 

 

Amarante : plante ornementale aux fleurs rouges  

Grosse : synonyme d’original = grosse d’un jugement d’une vente aux enchères

Olographe : on dit d’un testament qu’il est olographe quand il est manuscrit, écrit de la main du légataire

Authentique : on dit d’un acte qu’il est authentique quand il est dressé par devant un notaire

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